DYSENTERIE

(Médecine domestique). Quoique la diarrhée accompagnée de flux de sang ne soit pas contagieuse, dans ce sens qu’elle ne se communique pas nécessairement par le contact, il est néanmoins prudent d’éloigner les enfants et les personnes délicates, des lieux ou peuvent se rencontrer un grand nombre de malades atteints de la dysenterie, surtout quand cette affection n’est pas, comme il arrive assez fréquemment, le simple symptôme d’une autre affection. La dysenterie est par elle-même une maladie trop grave pour qu’il soit prudent d’essayer d’en triompher par la médecine domestique. En attendant les secours de l’art, la diète, l’usage de l’eau de riz gommée pour boisson, et les lavements à l’amidon, préparés avec une forte décoction de tête de pavot, sont les moyens les plus rationnels à opposer aux progrès du mal. La diarrhée, simple indisposition qui se guérit le plus souvent d’elle-même, surtout chez les enfants et les adolescents, dégénère en dysenterie et peut alors devenir dangereuse, quand on se méprend sur les causes qui l’ont produite et qu’on l’attribue à un relâchement par faiblesse alors qu’elle provient d’échauffement et de surexcitation. Dans ce cas, les toniques et les astringents, donnés pour faire cesser la diarrhée, font éclater la dysenterie. Toutes les fois qu’une méprise semblable peut avoir lieu, il est facile de s’en apercevoir à la persistance de la diarrhée, qui résiste aux remèdes familiers par lesquels on la fait cesser habituellement. On doit alors appeler immédiatement le médecin.

Dysenterie (Art vétérinaire). Chez le cheval et les bêtes à cornes, la dysenterie ou flux sanglant s’annonce par un frisson suivi de chaleur, et par des coliques qui paraissent faire beaucoup souffrir l’animal. Après des efforts longtemps inutiles, il rend une matière glaireuse et sanguinolente, et une fièvre souvent très ardente s’empare de lui. Lorsque le mal se borne à ces symptômes, la dysenterie est dite bénigne : on la traite par la diète et les lavements d’abord émollients (au son et à la graine de lin), puis détersifs (à l’orge et au miel) : en même temps, on fait boire à l’animal de l’eau de riz à laquelle on ajoute de la gomme arabique (30 gr. par litre). Quand les accidents sont diminués, on fait bien de le purger. — Si les symptômes deviennent plus graves ; si l’animal rend le sang pur ; s’il éprouve des tranchées, de l’accablement ; si sa bouche est remplie d’aphtes ; si sa langue est sèche, baveuse et gercée, c’est la dysenterie maligne, maladie très grave et surtout contagieuse, pour le traitement de laquelle on ne saurait prendre trop de précautions, et qui exige les soins d’un vétérinaire éclairé. On pourra, toutefois, en attendant son arrivée, employer les remèdes indiqués ci-dessus.

La dysenterie chez les bestiaux se déclare quelquefois pendant le cours d’une autre maladie, à la suite d’un abcès, d’une fièvre violente ; elle est quelquefois provoquée par un purgatif trop énergique ou donné à trop haute dose. Les boissons malsaines, les aliments échauffants, la malpropreté et le mauvais air peuvent aussi la faire naître. Enfin elle règne quelquefois épidémiquement.

Dysenterie des abeilles, des vers à soie, etc. Voy. Abeilles et Vers à soie.

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